Tout ce que vous avez à faire, c'est de décider de partir et le plus dur est fait. - Tony Wheeler
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Plan C de Malaisie en Australie... Pas de plan D, GAME OVER et retour en France
Du 17 mars au 1er avril 2020
15 jours
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Nous atterrissons à l'aéroport de Melbourne le 17 mars vers 22h. Avant de descendre de l'avion, le personnel de bord nous demande de nous rasseoir et nous voyons arriver deux agents australiens équipés de masques, gants lunettes et combinaisons intégrales façon alerte biologique maximale dans un film de science fiction ! Le ton est donné...

Au contrôle douanier, face à nos passeports français, on nous interroge sur les pays visités les 14 derniers jours, en annonçant Vietnam et Malaisie, notre interlocuteur se détend, et nous rappelle l'obligation de confinement à laquelle nous devons nous conformer les 14 prochains jours.

Avec le sourire, il nous laisse passer et lance un : "next door, this is Australia !" Yes !!! Quel bonheur la "cool attitude" des Australiens.

On prend des billets de bus et nous voilà partis pour Melbourne. Ces quelques 30km de nuit vers le centre ville seront peut-être les seuls que nous ferons sur ce continent, mais ça, on ne le sait pas encore.


On débarque vers minuit, et on prend le temps de faire 3 courses avant de prendre un taxi et de découvrir notre appart : 40m² qui seront notre territoire pour les 14 jours suivants... le temps de notre confinement qui démarre en même temps que celui de la France.

Au premier jour de confinement nous décidons de faire une sortie à 2 pour aller faire un gros ravitaillement. Les enfants restent dans l'appart, le temps pour nous de chasser de quoi survivre. On n'est pas sensés sortir durant ces 14 jours, mais les magasins n'assurent plus de livraison alors pas le choix... C'est bien la première fois qu'on part faire les courses avec l’appréhension de se faire arrêter par un flic australien !


La balade autour des docks de Melbourne est sympa, même si la météo s'est nettement rafraîchie, un petit 22°C, on n'est plus habitué.

Les australiens ne sont pas encore en confinement mais les rues sont déjà presque vides, comme les rayons "survie" du supermarché : Pâtes, riz, farine et le désormais très recherché "PQ de confinement".

on aura quand même trouvé un paquet de pâtes oublié parce que déjà ouvert...  

Comme en France, on découvre la vie en confinement dans 40m² et on essaye de se créer une petite routine : pt'it dej', école, sport de salon, courses, repas, temps calme / lecture, écrans, jeux de société et apéro, le tout agrémenté de plusieurs cessions d'appels vidéos avec les confinés de l'hexagone.

 On a un jeu de carte, la belotte va bon train et on a trouvé un monopoly, youpi ! 

WORLD TOUR... GAME OVER 

Deux jours après notre arrivée, le premier ministre australien annonce la fermeture des frontières du pays pour les 6 prochains mois, avec prise d'effet le lendemain, soit le 20 mars. En parallèle, l'ambassade, via le fil d'ariane, nous incite à rentrer en France, car les vols commerciaux au départ de l'Australie se réduisent comme peau de chagrin et qu'il n'y en aura pas pour tout le monde. La Nouvelle-Zélande et la Polynésie, étapes suivantes de notre voyage ferment aussi leur accès pour se protéger de la propagation du virus.

La raison nous fait rapidement comprendre que les jeux sont faits et qu'il va falloir abandonner l'idée de poursuivre notre voyage, même si le cœur se voile encore la face et qu'on parle encore de visiter l'Australie après notre quartorzaine.

Le lendemain, on réalise que l'Australie sera probablement également sous cloche avant la fin de notre quatorzaine, les cas se multiplient et le pays des kangourous n'échappera pas à la pandémie du COVID-19. On accepte la décision qui s'impose à nous : Il faut rentrer avant d'être coincés ici pour 6 mois ou plus... Les enfants sont inquiets, on leur annonce notre décision. Dur, dur... un rêve qui s'arrête.

Commence alors la recherche d'un vol retour. Sans surprise, il n'y a déjà plus beaucoup d'offres, les points de transit ferment les uns derrière les autres (Singapour, Hong-Kong, Bangkok) et les billets restants se vendent à plus de 16.000€ pour nous 4, pas possible... On se rabat sur un vol ETIHAD via Abu Dhabi pour un retour le 31 mars à un prix acceptable, ça correspond à la fin de notre quatorzaine et de notre location Airbnb. On sera patient...

Un jour plus tard, Dubai annonce la fermeture de son aéroport et la compagnie EMIRATES annule tous ses vols... on commence à s'inquiéter de ce genre de décisions. Et effectivement, 24 heures plus tard, c'est Abu Dhabi qui ferme ses portes et notre compagnie ETIHAD qui annule notre vol...(sans le rembourser...)

A ce moment précis, il n'y a plus aucun vol disponible dans aucune compagnie, quels que soit les points de transit. On suit de près les réseaux sociaux auxquels on s'est reconnectés, on surveille les annonces du quai d'Orsay et de l'ambassade, on suit la propagation du virus pour voir s'il reste des solutions... mais rien.

48h plus tard, dès l'ouverture, on arrive à joindre l'ambassade de France à Camberra. Elle nous annonce qu'il n'y aura pas de vol de rapatriement organisé par la France mais que Qatar Airways vient de remettre une série de vols à partir du 1er avril. Ni une, ni deux, nous voilà en quête de places sur ce vol. On trouve notre bonheur à des prix pas trop délirants, mais il y a un bug au moment de valider sur le site. On essaye 7 ou 8 fois de nos deux PC portables en remplissant tous les formulaires à chaque fois, sans succès. Le site indique qu'il y a au moins 60 personnes connectés sur ce vol en simultané... Abattus mais pas résignés, on fait une énième tentative à partir d'un téléphone et miracle, ça fonctionne !

Nous retour est donc prévu pour le 1er avril de Melbourne, arrivée le 2 à Paris. Pour la suite, on verra ! (du stop peut-être ?!)

8 ans de Juliette

Ce 27 mars, nous fêtons l'anniversaire de notre louloute. On a dégoté des bougies et de quoi décorer un gâteau. Entre les messages de la famille et de ses copines, son nouvel appareil photo et un beau gâteau, la journée a été belle.

Nos 3 derniers jours à Melbourne, avant le retour en france prévu le 2 avril

...cet article attend d'être vécu avant d'être raconté ici prochainement... 😉




BEST OF ...

On passe donc notre deuxième semaine de confinement plus serein, sachant qu'on va rentrer chez nous dans quelques jours et qu'ayant la chance d'avoir une grande maison et un jardin 1/ ça nous changera de l'appart 2/ on aura de quoi s'occuper dehors 😀

On est bien sûr déçus de ne pas pouvoir mener à bien ce projet de tour du monde qu'on avait mûri depuis longtemps, mais on ne pouvait plus lutter contre cette pandémie mondiale qui a amené à peu près tous les pays de la planète à s'en protéger en fermant leurs frontières.

On mesure notre chance d'avoir vécu tous les quatre un très beau tour d'Asie du Sud-Est qui nous laisse de magnifiques souvenirs, entre expériences diverses et variées, paysages à couper le souffle, rencontres avec des locaux et d'autres voyageurs.

Nos coups de cœur restent la Birmanie et le Laos, le Vietnam était parti pour en être un aussi. On repense avec émotion à des sites magnifiques comme Bagan en Birmanie, les cascades de Kuang Si et le Mékong au Laos, Angkor Wat au Cambodge ou encore la baie d'Ha Long terrestre au Vietnam.

On pense aussi à toutes les chouettes rencontres, entre familles en tour du monde, voyageurs en sac à dos et locaux : les "chips planet" à Chiang Mai, Daryl sur le slow boat, Jenny, Greg et Tracy sur la boucle de Thakkek, Maria et René croisés tout au long de la descente du Laos, Jean-Claude aux 4 000 îles, Armance et sa famille croisés par hasard au Laos et retrouvés au Cambodge, nos sauveurs de passage de frontière Laos-Cambodge, Wu notre super guide dans le delta du Mékong et "les Petits Voyageurs" au Vietnam, famille de globe-trotteurs aguerris qui voyagent en camion 4x4 aménagé (http://www.lespetitsvoyageurs.fr/)

On rentre également en bonne santé et par les temps qui courent, c'est non négligeable (sauf s'il y a un porteur de virus dans l'avion du retour...!)

Avec un pincement au cœur, on pense à ceux qu'on était sur le point de retrouver : Dhina et Darto en Indonésie, Bill dans les Blue Mountains d'Australie, Vincent et Marie-Laure en Nouvelle-Zélande... ce n'est que partie remise les amis !

Quant au Canada, on n'a pas dit notre dernier mot. La famille et les amis : Benoit, Marie-Anne, Sacha, Solal et Elsa, Régis et Marie-Claude, Laurence, Fabien et Charlotte, Laure, Christophe et Thomas... on vous dit à l'été prochain si tout va bien ! Aude, New-York nous attend !

Tenir ce blog aura été un plaisir autant pour tracer nos impressions de voyage (dont on aurait probablement oublié les 3/4 au retour) que pour partager avec vous notre aventure.

La vie, ce n'est pas attendre que l'orage passe, c'est apprendre à danser sous la pluie" Sénèque

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Nous avons terminé la quatorzaine imposée par le gouvernement australien et notre vol retour n'est que le lendemain soir. Ni une ni deux, nous voilà partis pour découvrir la ville et les alentours et profiter de chaque - minute - qu'il nous reste ! (L'Australie est encore en stade 3 à ce moment là : les sorties en famille sont autorisées sans restriction de temps, en suivant les recommandations de distanciation sociale)

A nous Melbourne !

Nous logions dans un appart du côté des docks : quartier en pleine réhabilitation. On prend le tram pour rejoindre le centre ville. Melbourne a le réseau de tramway le plus développé au monde et son utilisation dans tout le centre ville est gratuite.

On se dirige vers le jardin botanique, via une promenade aménagée sur les quais de la Yarra River qui offre une vue sympa sur la skyline de Melbourne. Juliette s'essaie à la photographie avec son nouvel appareil.

Dans le parc qui entoure le jardin botanique, la vue sur le c'est le défouloir après 2 semaines dans un 40m2 sans mettre une seule fois le nez dans la rue pour les enfants...

Le Rod Laver Arena qui accueille chaque année l'Open d'Australie

Les pentes engazonnées façon green de golf font le bonheur des enfants.

On passe un moment à se promener dans ce parc immense, à se dégourdir les jambes et à redécouvrir le plaisir simple d'une marche au vert

Melbourne est une ville réputée pour son Street Art. Plusieurs ruelles du centre lui sont consacrées.

L'une d'entre elles Hosier Lane, permet aux grapheurs d'exprimer leurs opinions ou leurs engagements militants sur des sujets - pour certains on ne peut plus d'actualité :

On poursuit notre chemin jusqu'à la ruelle dédiée à un célèbre groupe de Rock australien



Dernier jour, notre avion décolle à 22h pour Doha puis Paris. Il nous reste la journée pour préparer nos affaires, rendre l'appart et surtout, surtout, faire une méga virée vers la côte au sud de Melbourne !

On fait un stop à Torquay, ville balnéaire. Au hasard d'une rue, on tombe sur le parking qui mène à Bells Beach.

En ces temps de COVID, l'accès à la plage est autorisé uniquement pour la pratique sportive : baignade ou surf. N'ayant pas notre planche, c'est baignade pour nous !

Sur le chemin de l'aéroport, on se lance un dernier challenge : parce que oui, on n'est pas venus en Australie pour enfiler des perles... (enfin si mais bon...)

l'opération "MARSUPIAL" est lancée !

Un indice... on est sur la bonne route ! 

Dans un parc au nord de Melbourne, qui jouxte l'aéroport, il paraît qu'on peut croiser des kangourous en liberté. On confirme ! Ils sont tous regroupés dans un cimetière aborigène.

Parce qu'on veut voir l'autre marsupial, emblème de l’Australie, on poursuit nos recherches... C'est notre jour de chance ! On trouve un koala endémique de cette région extrêmement difficile à prendre en photo...

Oh les koalas, c'est trop mignon, on dirait de vraies peluches...

Challenge Marsupial (en partie !) réussi, c'est parti pour l'aéroport, direction la maison !

Encore un aéroport bien vide ! 

On est depuis bien rentrés dans notre "home sweet home", où on se confine comme tout le monde ! On est content de reprendre nos marques, les enfants ont retrouvé leurs jouets, leurs livres et leur chambre avec plaisir.

Même pas le temps d'avoir le moral en berne, on a déjà plein de projets pour chez nous : des travaux à terminer, un jardin en permaculture, peut-être des poules...

On mesure la chance qu'on a eue de vivre cette expérience à quatre. Même écourtée, ce qu'elle a engendré comme évolutions et apprentissages est énorme.

Pour répondre à vos messages inquiets pour notre moral : aucune déception, aucune amertume de n'avoir pu aller plus loin, ça fait partie des imprévus (ok, gros, celui-ci !)

On est en bonne santé, on a des souvenirs plein la tête et une envie furieuse de repartir à la découverte du reste du monde !

Cette fois-ci, c'est la dernière, on doit vous laisser, on a un apéro SKYPE qui nous attend 😀


Merci pour vos messages, ça a été un plaisir de partager ce blog avec vous, à une prochaine pour de nouvelles aventures.

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